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Mental
Sarah Zouaki
12 min de lecture
9 février 2025

Comment adopter l'état d'esprit du vainqueur pour réussir le CRFPA

Tu te demandes comment tenir mentalement pendant les mois de préparation au CRFPA ? Tu as l'impression que c'est une montagne impossible à gravir, que l'incertitude te paralyse plus qu'elle ne te motive ? Tu n'es pas seul. Des milliers de candidats ressentent exactement la même chose chaque année.

Dans cet article, je te partage l'état d'esprit qui m'a permis de réussir du premier coup. Ce n'est pas nécessairement une question de talent, d'intelligence ou de parcours académique parfait. C'est avant tout une question de posture mentale. Une seule décision et des actions en ce sens. Un engagement envers toi-même.

Comprendre pourquoi la préparation mentale fait toute la différence

Le CRFPA n'est pas un examen comme les autres

Le CRFPA n'est pas une épreuve de fac. En licence, tu révises et tu obtiens généralement des résultats qui te permettent de passer. Tu sais plus ou moins à quoi t'attendre. Il y a une forme de prévisibilité rassurante dans ce système.

La logique du CRFPA est radicalement différente : tu investis du temps, de l'énergie et parfois de l'argent dans quelque chose dont le résultat reste incertain. Tu peux travailler des mois et ne pas réussir. Tu peux donner le meilleur de toi-même et te retrouver face à un sujet que tu ne parviens pas à cerner. Cette réalité, il faut l'accepter dès le départ.

C'est précisément cette incertitude qui génère de l'anxiété. Et c'est précisément là que tout se joue. Parce que face à l'incertitude, deux réactions sont possibles : la fuite ou l'engagement. L'évitement ou l'action. La plainte ou le travail.

La vérité que personne ne te dit

Quand on y réfléchit, elles ne sont pas nombreuses les phases de ta vie qui te permettent de travailler pour devenir meilleur que tu n'étais la veille. C'est exactement l'esprit qu'il faut adopter face au CRFPA.

Chaque jour de préparation est une opportunité de progresser -- même quand cette progression reste invisible. Tu ne vois pas forcément les résultats immédiatement. Tu ne ressens pas toujours que tu avances. Mais chaque heure passée à comprendre un mécanisme juridique, chaque exercice réalisé, chaque erreur corrigée te rapproche de ton objectif.

Le problème : notre cerveau n'aime pas ce qui manque de clarté et de certitude. Le système nerveux peut émettre un stress lorsque les objectifs apparaissent trop gros ou irréalistes. C'est pour cela que beaucoup de candidats se retrouvent paralysés : ils voient la montagne dans son ensemble au lieu de voir le chemin, pas à pas.

Il faut donc changer de regard sur le CRFPA. Le voir non pas comme une menace, mais comme une opportunité. L'opportunité de te prouver à toi-même que tu es capable de tenir un engagement sur plusieurs mois. L'opportunité de développer une discipline intérieure qui te servira toute ta vie professionnelle. L'opportunité de gravir les premiers échelons de la profession.

Comment cultiver un esprit de vainqueur

Transformer l'angoisse en excitation

Le secret dans la préparation mentale aux épreuves, c'est d'imaginer l'épreuve comme une source d'excitation et de te diriger vers elle plutôt que de la fuir. C'est contre-intuitif, je sais. Ton instinct te dit de repousser, d'éviter, de procrastiner. Mais c'est exactement l'inverse qu'il faut faire.

Il faut progressivement créer une émotion positive associée au concours : vouloir que la date se rapproche, non pas qu'elle s'éloigne. Te dire chaque matin : "Un jour de moins avant l'épreuve, un jour de plus de préparation". Voir chaque semaine qui passe comme une victoire, pas comme une menace.

La clé

C'est cet état d'esprit de vainqueur que tu dois cultiver. Et je dis bien "cultiver" parce que ça ne vient pas naturellement. C'est un travail quotidien. Une discipline mentale. Une habitude à construire.

Concrètement, cela signifie accueillir la préparation de ce concours comme une chance. Au lieu de tourner le dos aux efforts qu'elle demande, les accepter. Les apprécier, même. Voire se sentir chanceux de pouvoir préparer ce concours. Parce que oui, c'est une chance d'être là, à quelques mois de potentiellement devenir avocat.

Bien sûr, tu vas avoir des moments de doute. Des moments où tu te demanderas pourquoi tu fais tout ça. Des moments où l'envie de tout abandonner sera forte. C'est normal. L'important, c'est de ne pas laisser ces moments dicter tes actions.

Le mindset concret à adopter

La pensée qui change tout

"Je ne contrôle pas le résultat final, mais je contrôle ce que je fais à l'instant T -- et réviser me rapproche de mon objectif."

C'est une pensée simple, mais puissante. Elle te libère de l'obsession du résultat pour te recentrer sur le processus. Elle te permet de transformer chaque appel au stress en rappel de ta décision de réviser.

Parce que soyons honnêtes : le stress va venir. L'anxiété va frapper à ta porte. Les pensées négatives vont s'inviter. C'est inévitable. La question n'est pas de savoir si tu vas ressentir du stress, mais ce que tu vas en faire.

La réponse que j'ai trouvée : utiliser le stress comme un signal. Un rappel que j'ai pris une décision importante. Un rappel que je suis engagée dans quelque chose qui compte. Chaque fois que l'angoisse monte, je me dis : "OK, ça veut dire que c'est important pour moi. Donc je retourne au travail."

Ce n'est pas l'émotion en soi le problème. Le problème, c'est de lui accorder trop d'espace à un moment qui n'est pas opportun. Le problème, c'est de laisser la peur dicter tes actions au lieu de les guider.

Le vainqueur n'est pas celui qui n'a jamais peur. C'est celui qui agit malgré la peur.

Il n'y a qu'un essai

C'est peut-être le conseil le plus important de cet article, celui que j'aurais aimé qu'on me donne plus tôt : tu dois partir du principe qu'il n'y a qu'un essai.

Ne te laisse pas d'option. Ne laisse pas de place aux pensées du type "de toute façon tu peux le repasser". Ces pensées sont toxiques. Elles sapent ta motivation sans que tu t'en rendes compte. Elles créent une porte de sortie mentale qui t'empêche de donner le meilleur de toi-même.

Je sais ce que tu penses : "Mais c'est vrai, je peux le repasser. C'est factuel." Oui, techniquement, tu peux. Mais ce n'est pas la question. La question, c'est : quelle posture mentale va te donner les meilleures chances de réussir du premier coup ?

Et la réponse est claire : c'est la posture de celui qui n'a pas de plan B.

Mon expérience

Pour l'histoire, je m'étais inscrite une première fois au CRFPA à l'issue de mon master à Sciences Po. Je ne m'étais pas présentée. Pourquoi ? Parce que je n'avais pas "senti" le concours. Je savais que je n'avais ni l'envie, ni l'énergie de le présenter à fond. L'année suivante, quand je me suis vraiment engagée, j'ai fermé la porte au plan B. Plus de "on verra bien". Plus de "si ça ne marche pas, je recommencerai". Non. Cette fois, c'était tout ou rien.

Cette décision de fermer la porte au plan B, c'est elle qui m'a fait tenir quand c'était difficile. C'est elle qui a transformé une vague intention en engagement réel. C'est elle qui a fait la différence.

C'est la signature mentale du vainqueur.

Ce qu'il faut retenir

Regarde ta préparation comme un contrat avec toi-même. En bon juriste, considère que tu établis les termes d'un engagement. Une parole donnée. Un engagement envers ta propre dignité.

Ce contrat, c'est toi qui en définis les termes. C'est toi qui décides de ce que tu es prêt à mettre dans cette préparation. C'est toi qui t'engages envers toi-même. Et c'est toi, et toi seul, qui seras comptable de cet engagement.

L'ultime échec, ce n'est pas de ne pas avoir le CRFPA. L'ultime échec, c'est de ne pas tenir les termes du contrat que tu as établi avec toi-même. C'est de te regarder dans le miroir le jour des résultats en sachant que tu n'as pas tout donné. C'est de vivre avec le regret de ne pas avoir essayé vraiment.

Par ce processus d'engagement, tu transformes quelque chose de gigantesque en quelque chose de gérable. Tu fais jouer le temps en ta faveur, non contre toi. Et dans ce processus, tu augmentes à la fois ta confiance et ton estime de toi-même.

Tu as décidé. Tu sais pourquoi tu fais ça. Tu connais maintenant l'état d'esprit qui fait la différence. Maintenant, il ne reste plus qu'à passer à l'action.

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